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Je_compte_MontrealLe rapport intitulé « Je compte MTL 2015 : dénombrement des personnes en situation d’itinérance à Montréal le 24 mars 2015 » vient d’être rendu disponible sur le site de la ville de Montréal.

Source : Le rapport

Faits saillants :

  • Le 24 mars 2015, 537 bénévoles et 18 travailleurs de rue ont sillonné les rues de Montréal, ses stations de métro, et une partie du Montréal souterrain, pour y trouver des personnes en situation d’itinérance et les soumettre à un court questionnaire. Ils sont également allés dans les refuges. Le 25 et le 26 mars, 125 bénévoles sont allés dans les centres de jour et les soupes populaires avec le même but. Pendant les mois d’avril à juin,une équipe de recherche a contacté les refuges, logements de transition, hôpitaux, centres de détention provinciaux et centres de thérapie afin de découvrir combien de personnes itinérantes étaient dans ces lieux la nuit du 24 au 25 mars.
  • La méthodologie employée est généralement comparable à celle utilisée par d’autres villes canadiennes, notamment Toronto. Toutefois, elle s’en distingue de deux façons significatives : l’inclusion de centres de jour et de soupes populaires le 25 et le 26 mars, ainsi que l’exhaustivité de l’exercice de cueillette de données dans un grand éventail d’institutions et d’organismes pendant les mois qui ont suivi. Ces améliorations méthodologiques font que nous avons pu dénombrer les personnes itinérantes de façon plus exhaustive que les autres villes. Nous avons également pu recueillir 560 questionnaires de plus en allant dans des ressources de jour, portant le nombre total de questionnaires recueillis à 1514. Cela augmente la fiabilité des analyses qui visent à décrire la population en situation d’itinérance.
  • Nous estimons que, le 24 mars 2015, 3016 personnes étaient en situation d’itinérance à Montréal, sans compter les personnes en situation d’itinérance cachée (hébergées chez d’autres ou en hôtel ou motel sans avoir de domicile fixe, ou en maisons de chambres). De ce nombre, 429 avaient passé la nuit dans un lieu extérieur, 1066 dans un refuge, 1041 dans un logement transitoire et 480 dans un autre lieu (hôpitaux : 76; centres de détention : 51; centres de thérapie à Montréal : 154; centres de thérapie hors Montréal : 199).
  • Parmi les personnes trouvées dans des lieux extérieurs (sans compter les métros), 118 sur 272 (43 %) étaient dans l’arrondissement de Ville-Marie; 81 sur 272 (30 %) étaient répartis entre Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, le Plateau-Mont-Royal et le Sud-Ouest, et 61 (23%) encore entre Rosemont-La-Petite-Patrie, Verdun, Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce et Westmount.
  • Pour 10 000 habitants, Montréal compte moins de personnes en situation d’itinérance (15,4) que Vancouver (28,1), Calgary (29,7), Edmonton (26,2) et Toronto (18,8), même si la méthode de dénombrement utilisée à Montréal est plus exhaustive.
  • Toutefois, toujours pour 10 000 habitants, Montréal compte plus de personnes qui passent la nuit à l’extérieur (2,2) que Toronto (1,6) ou Calgary(1,5). Montréal est en deçà de Vancouver (8,4) et d’Edmonton (8,8). Environ le quart des 3016 personnes, soit 784, étaient en situation d’itinérance chronique depuis 4 ans ou plus. Près de la moitié, 1357, étaient en situation d’itinérance épisodique, ayant connu au moins deux épisodes d’itinérance au cours des trois dernières années.
  • En tout, 1097 questionnaires correspondant à des personnes qui ont passé la nuit dans des lieux extérieurs (177), dans des refuges d’urgence (552), dans des logements transitoires (307) et dans d’autres lieux (61) ont été recueillis et analysés.
  • Globalement, environ le quart (24 %) des personnes identifiées comme étant en situation d’itinérance dans ces types de lieux sont des femmes. Ce pourcentage varie selon le type de lieu, atteignant 54 % dans les logements transitoires, et seulement 7 % dans les lieux extérieurs.
  • Les immigrants représentent 16 % de cet échantillon. Les femmes constituent 39 % de ce groupe. La population immigrante dénombrée dans ces types de lieux est donc plus que les 24 % de l’ensemble de l’échantillon de 1097. Les femmes immigrantes semblent particulièrement à risque d’avoir avec elles des enfants de moins de 18 ans, 22 % d’entre elles étant dans cette situation, comparativement à 10 % pour la population générale.
  • Les Autochtones constituent 10 % de notre échantillon, alors qu’ils représentent moins de 0,6 % de la population de Montréal. Les Inuits représentent 40 % de l’échantillon, tandis qu’ils ne représentent que 10 % de la population autochtone à Montréal.
  • Nous avons dénombré 6 % d’anciens combattants dans notre échantillon – un pourcentage très semblable aux 7 % répertoriés à Toronto dans leur dénombrement de 2013. La population canadienne contient 2 % d’anciens combattants.
  • Les revenus des personnes en situation d’itinérance sont dominés par les prestations d’aide ou de solidarité sociale. Les taux d’emplois déclarés sont plus élevés chez les résidents de logements transitoires, mais demeurent en deçà de 10 %.
  • Les raisons invoquées pour expliquer le passage le plus récent à une situation d’itinérance font ressortir deux problématiques particulièrement importantes : les problèmes financiers et la dépendance aux drogues ou à l’alcool. La violence et les abus sont nettement plus souvent cités comme cause de perte de logement chez les femmes et chez les immigrants, la dépendance à l’alcool et aux drogues, moins souvent.
  • Nous avons répertorié 356 personnes en situation d’itinérance cachée à Montréal, à peu près également réparties entre l’hébergement chez d’autres et les maisons de chambres. Ce nombre ne représente qu’une fraction des personnes en situation d’itinérance cachée, dont il serait très difficile d’estimer le nombre exact.
  • Les personnes en situation d’itinérance cachée sont beaucoup plus portées à utiliser les centres de jour ou les soupes populaires, ainsi que les banques alimentaires, et moins à utiliser les refuges. Elles consultent plus souvent pour des problèmes de santé physique, mais sont hospitalisées ou vont à l’urgence moins souvent. Elles ont moins souvent recours à un centre de crise, sont moins souvent en contact avec la police, et utilisent moins souvent des services liés à la consommation de substances. Autrement, elles sont semblables à l’ensemble des personnes dans les autres catégories.

Pour en savoir plus, consultez le rapport en ligne sur le site de la ville de Montréal (en français, 74 pages)

Référence :
Latimer, E., McGregor, J., Méthot, C., & Smith, A. (2015). Je compte MTL 2015 : dénombrement des personnes en situation d’itinérance à Montréal le 24 mars 2015. Montréal, Québec : Ville de Montréal.

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