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L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT, France) vient de publier dans son bulletin Tendances de septembre les premières données sur le jeu issues du Baromètre santé 2010 de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES, France).

Un aperçu des résultats :

  • Près d’une personne sur 2 (47,8 %) a déclaré avoir joué au moins une fois  pendant les 12 mois précédant l’enquête ;
  • Les joueurs plus actifs (ayant joué  au moins 52 fois et/ou ayant misé au moins 500 € dans les 12 mois précédant l’enquête) représentent 1 personne sur 10 dans la population générale ;
  • Les hommes jouent plus que les femmes, 51,3 % des hommes ont joué au moins une fois dans les 12 mois précédant l’enquête contre 44,4 % des femmes et 15,6 % sont des joueurs actifs, contre 8,8 % des femmes ;
  • Les jeux de tirage et de grattage (« gratteux ») sont les jeux les plus pratiqués par les joueurs actifs ;
  • L’enquête estime que 0,9 %  de la population générale présente un risque modéré et que 0,4 %  sont des joueurs excessifs.

Pour en savoir plus, consultez le bulletin en ligne sur le site de l’OFDT (en français, 8 pages)

Référence :
Costes, J.-M.,  Pousset, M., Eroukmanoff, V., Nezet, O., Richard, J.-B., Guignard, R., … Arwidson, P. (2011). Les niveaux et pratiques des jeux de hasard et d’argent en 2010. Tendances, 77, 1-8.

3 commentaires

  1. martignoni dit :

    Gambling France :Questions /Réponses
    Alors que l’Observatoire des drogues vient de publier une étude sur l’addiction au jeu qui pose problème et avant la clause de revoyure et les propositions du sénateur Trucy qui seront connues prochainement, questions réponses sur les jeux en ligne, le jeu pathologique, excessif, compulsif, addictif….

    LE JEU N’EST PAS UNE MALADIE
    jeu pathologique/ jeu excessif/ jeu compulsif: attention aux idées reçues… et aux conflits d’intérêts
    ——-
    Jean-Pierre Martignon-Hutin ,sociologue

    1. Les sites de paris en ligne sont-ils dangereux?

    
Pas plus que les autres jeux d’argent. Après la roulette, les machines à sous, le Rapido, les jeux de grattage, les jeux en ligne sont présentés comme les nouveaux démons de l’enfer du jeu, par la doxa du jeu pathologie maladie. En réalité le jeu et son support sont neutres. Le jeu n’est pas une maladie. Le joueur est responsable. Le joueur est un sujet social. En assimilant le jeu à une pathologie on déresponsabilise les joueurs. Sans joueur, pas de jeu. C’est le joueur qui donne sens au jeu comme l’a démontré le philosophe Jacques Henriot. Les pratiques ludiques excessives ne viennent pas du jeu lui-même ou de son support mais de la biographie, de l’histoire du joueur et de nombreux autres éléments ( socialisation ludique primaire, rapport à l’argent , croyances, culture ludique familiale…). Le joueur est un sujet social. Par contre bien entendu le jeu peut mettre en lumière, voire exacerber, des problèmes sociaux ou personnels, financiers ou conjugaux par exemple.
Le jeu donne à voir sur notre société mais il est illusoire et réducteur de traiter les problèmes sociaux en médicalisant le jeu et les pratiques ludiques de nos contemporains comme le souhaite la doxa du jeu pathologie maladie

    
2. Vous refusez de parler de joueur pathologique…

Le terme jeu problématique épistémologiquement est plus neutre et évite d’associer le jeu à une pathologie sans pour autant nier le « problème ». Lors de l’expertise Inserm on a beaucoup bataillé avec la doxa sur cette terminologie. Je conteste la doxa scientiste du jeu pathologie maladie fortement en conflit d’intérêts dans cette affaire. Les études sur le jeu excessif (souvent contradictoires) prétendent qu’il y aurait entre 1 et 3% de joueurs addicts. Comme par hasard l’Observatoire des drogues tombe dans cette fourchette, mais dans le bas de cette fourchette pour ne pas trop gêner les opérateurs et notamment la FDJ. Drôle de fourchette en réalité qui varie du simple au triple et permet toutes les manipulations. Sommes-nous ici dans la rigueur scientifique ou dans le lobbying. Plus globalement dans notre société du care ( soin mutuel), certains médicalisent des pratiques sociales et culturelles notamment quand elles sont excessives, pour donner bonne conscience aux autorités et aux opérateurs mais aussi pour faire de l’argent ( le business du jeu compulsif). Cette collusion d’intérêts est hypocrite et scandaleuse. C’est l’ensemble des causes et conséquences ( positives et négatives) du gambling qu’il faut étudier sans a-priori. C’est à l’Observatoire des jeux de faire ce travail et non à l’Observatoire des drogues.


    Plusieurs millions d’euros versés au centre de Nantes par la Française des jeux en pleine expertise Inserm, légion d’honneur accroché par Eric Woerth à Marmottan au bon moment, étude de l’Observatoire des drogues qui sort au bon moment mais n’intègre pas les jeux en ligne et accouche d’une souris ( même JF Lamour dans son dernier rapport a reconnu les lacunes de cette étude de 8 pages avant même sa publication ). Tout cela n’est pas très net. Ca sent à plein nez le conflit d’intérets, l’instrumentalisation, la manipulation. La politique des jeux de la France, le secteur économique concerné, l’intérêt général et les joueurs méritent de notre point de vue un autre traitement.

    
3. L’approche médicale pour parler du jeu et de son environnement ne convient pas?

Il manque une approche socio-antropologique, économique, historique…du gambling. Une approche pluridisciplinaire du jeu, qui est une passion humaine ancestrale, un fait social et culturel. Il y a danger à aborder ces jeux à travers la problématique de l’addiction, car une fois acceptée comme entité morbide individualisée, les jeux de hasard sont analysés comme des formes plus ou moins graves de jeu pathologique. Par ailleurs historiquement il faut savoir que le jeu pathologique est un construit social qui vient, pour la période contemporaine, du lobby des psychiatres américains et de certaines associations.

    

4. Mais vous ne pouvez pas contester qu’il y a des personnes chez qui le jeu pose problème?

On enfonce des portes ouvertes c’est une évidence que toute pratique excessive « peut » être dangereuse….. dans le jeu comme ailleurs et effectivement des sujet joueurs jouent beaucoup. Encore faudrait il définir cette excessivité. Il ne suffit pas de demander naïvement à un joueur ( à fortiori par téléphone ! ) combien il joue ( comme vient de le faire l’Observatoire des drogues à travers le baromètre santé de la DGS ) pour le savoir. Par ailleurs :
    – rien ne prouve que le jeu lui-même soit la cause originelle de cette excessivité
    – rien n’indique que l’excessivité soit forcément synonyme de pathologie.
    Par ailleurs je conteste avec d’autres chercheurs internationaux, la vision d’un joueur désocialisé, forcément seul devant sa machine à sous ou son ordinateur, pour flamber en ligne dans une posture onanistique. Dans les casinos socialités et sociabilités sont nombreuses. On peut facilement engager la conversation, faire des rencontres. Idem pour les jeux d’argent sur Internet ou de nombreux sites existent autour du poker.


    
5. Précédemment, il fallait se déplacer dans des casinos ou au café pour jouer à des jeux d’argent. Avec Internet, les tentations vont être à portée de main, directement au domicile des joueurs…

Arrêtons à nouveau d’enfoncer des portes ouvertes, permanence et proximité sont les principes d’Internet! C’est pour ça que ça marche et c’est pour ça qu’on a fait une loi sur les jeux en ligne. La légalisation des jeux en ligne va réduire la distance entre le jeu et le joueur et cela va faciliter la vie des joueurs qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas se déplacer. Bien entendu il faut faire de l’information prévention, notamment en direction des mineurs et des personnes vulnérables. Mais avant de mettre en œuvre des mesures par trop liberticides, il faut prendre le temps de faire des études sociologiques sur les pratiques ludiques des internautes et la socialisation ludique contemporaine. C’est au Comite Consultatif des jeux (CCJ) et à l’Observatoire des jeux de faire cela de manière sereine et non à l’Observatoire des drogues, qui a d’autres chats à fouetter en matière de toxicomanie et qui en outre n’a aucune compétence en matière de gambling. Pas besoin de construire une usine à gaz, comme actuellement, ou la doxa du jeu pathologie maladie et les opérateurs de jeu (notamment la Française des jeux) verrouillent en réalité le dossier pour contrôler entièrement l’information médiatique et scientifique sur le jeu. 


    6. Les casinos et opérateurs en ligne font-ils assez de prévention?

Il y a déjà pas mal de prévention, notamment dans les casinos en dur, sur les sites , mais est-ce vraiment aux opérateurs de faire de la prévention et surtout de mesurer l’impact de leur activité comme le fait actuellement la Française des jeux en finançant les études du centre du jeu excessif de Nantes et celles de Lejoyeux. Le conflit d’intérêt est grossier. Plus globalement cela vaut aussi pour l’Etat Croupier qui ne pourra pas éternellement exploiter le gambling et établir les règles en matière de responsabilité, de protection, de taux de redistribution

(TRJ) Par manque d’étude impartiale le TRJ a été dès le départ instrumentalisé par Eric Woerth vis à vis de la problématique de l’addiction et maintenant comme les jeux en ligne marchent moins que prévu, les responsables du dossier retournent leur veste et veulent augmenter le TRJ. Ce n’est pas une politique des jeux cohérente. C’est une politique courtermiste, girouette, qui favorise instrumentalisation, conflit d’intérets, lobbying. Il faut développer la recherche sur le jeu en France et ce n’est pas à L’observatoire des drogues de le faire et encore moins à la FDJ via le centre du jeu excessif de Nantes avec la caution scientifique de Marmottan. Ce n’est pas à ceux qui veulent soigner les joueurs, former des thérapeutes spécialisés, de mesurer le jeu problématique. Ils sont forcément en conflit d’interets et n’ont pas du tout intérêt en réalité à ce que le jeu excessif disparaisse, bien au contraire. C’est le principe même de l’usine à gaz. Certes les opérateurs – et notamment la FDJ – croit contrôler la situation. Un jour ils s’en mordront les doigts. Attention à l’effet boomerang.

    7. Que préconisez-vous alors pour limiter les risques?

Il faut les mesurer avant de les limiter. Par ailleurs il faut favoriser la concurrence et développer un consumérisme ludique. Je préconise la création d’une autorité de régulation unique et indépendante ( qui intégrerait l’Arjel) , à l’image de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Il faut éviter les doublons , travailler conjointement sur les jeux en ligne et les jeux en dur. Pour l’aspect recherche/expertise il faut faire fonctionner l’observatoire au service de cette autorité. Actuellement ce n’est qu’une commission dominée en outre par la doxa du jeu pathologie maladie et certaines associations familiales. C’est pas sérieux. La doxa du jeu pathologie maladie et la FDJ font tout en réalité pour qu’un véritable Observatoire des jeux d’argent scientifique ne soit pas installé, cela bousculerait leurs petits arrangements entre amis et leur business respectif. La clause de revoyure doit être l’occasion de faire évoluer la situation dans un sens favorable à l’intérêt général.

    © 
JP Martignoni-Hutin , Lyon (France), 179, septembre 2011

  2. martignoni dit :

    ARJEL, JEU & CANNABIS : l’imposture intellectuelle de Terra Nova

    Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN*

    —–

    Certains addictologues et certains lobbies, qui bataillent depuis des lustres pour dépénaliser les drogues – notamment la marijuana – ne manquent pas d’air. Ils viennent de lancer l’idée saugrenue de « légaliser le cannabis de la même façon que les jeux d’argent en ligne » (1) en créant une autorité de régulation. Terra Nova, un think-tank proche du Parti socialiste a publié une contribution très engagée, que nous éviterons de qualifier d’étude « scientifique » par précaution épistémologique: « Contrôler le marché légalisé du cannabis en France : L’EXEMPLE FONDATEUR DE L’ARJEL « (2) On ne voit pas très bien le rapport entre l’Autorité des Jeux en Ligne – qui régule le poker, les paris hippiques et sportifs – et le cannabis. L’ARJEL – présidée par Jean François Vilotte (2010-2014) et ensuite par Charles Coppolani – apparaît ici sciemment instrumentalisée. Sortir une énième étude sur les « vertus » du chanvre et « l’urgence » à le dépénaliser, cela n’aurait pas fait trois lignes dans les journaux. Associer cette propagande à l’institution de la rue Leblanc ( siège de l’ARJEL à Paris dans le 15°) cela fait tout de suite plus sérieux, d’autant que l’autorité de régulation vient de publier son rapport d’activité 2015-2016 (3).
    L’imposture intellectuelle apparaît grossière. Pas certain cependant que l’ARJEL, son Président, ses personnels, apprécient cette instrumentalisation; pas sur que les joueurs acceptent que leur activité ludique digitale – et l’instance chargée de réguler le e.gambling – soit associée au haschich. Souhaitons que les opérateurs de jeux en ligne montent au créneau pour dénoncer cette instrumentalisation de leur autorité de tutelle. Souhaitons également que les opérateurs de jeux en dur se mobilisent par solidarité et pour signaler que « l’économie des jeux de hasard et d’argent » n’a rien à voir avec le cannabis.
    Ca fait bien d’être pour la dépénalisation du cannabis
    Effet dépêche AFP oblige, la plupart des journaux se contentent de reprendre pro domo les arguments de ce groupe de pression – qui se qualifie lui même de « progressiste « (4) – sans émettre la moindre critique, bien au contraire. « Et si c’était la bonne idée » s’interroge Eric Favereau dans Libération dans un article ou le titre comporte un jeu de mots à la Libé d’une banalité affligeante (5) Et si c’était « un nouveau débouché à l’agriculture française ? » questionne L’Express (6), tentant de nous faire croire que pour les agriculteurs français « le bonheur serait dans l’Herbe » comme « l’amour est dans le pré »
    Dans ce domaine comme dans d’autres, le consensus totalitaire du politiquement correct contemporain a envahi depuis longtemps une bonne partie des organes de presse. Terra Nova jouent sur la lâcheté et la bobo-attitude des médias parisiens. Ca fait bien d’être pour la dépénalisation du cannabis, pour les salles de shoot… La pensée critique peu ou prou disparaît malgré le travail de « résistance » effectué par certains journalistes et certains intellectuels, par exemple Régis Debray sur France Culture

    Jean Marie Leguen
    Heureusement dans cette affaire, tous les médias ne cèdent pas au laxisme et à la démagogie ambiante. Plusieurs magazines réputés pour leur sérieux – par exemple le Point – soulignent « le parallèle audacieux de Terra Nova : cannabis et jeux en ligne » (7) En ce qui nous concerne, nous qualifierons ce parallèle de fallacieux, voire de tendancieux, c’est à dire qu’il utilise une argumentation qui n’est pas objective et manifeste insidieusement une tendance idéologique, un parti pris. Que le Parti socialiste (avec Jean Marie Leguen monté au créneau sur BFMTV en avril 2016 pour plaider la légalisation de cette drogue) veuille faire du cannabis « un enjeu de 2017 » (8) pour racoler les jeunes électeurs et amadouer les écologistes, c’est sont affaire. Mais qu’il laisse les jeux d’argent, l’ARJEL et les joueurs tranquilles.
    Cette étude en réalité, ressemble à une très contestable « pétition de principe » – en latin scolastique petitio principii – qui nomme un raisonnement fallacieux dans lequel on suppose dans les prémisses la proposition qu’on doit prouver. Dès lors, la conclusion de la pétition de principe se confond avec tout ou partie des prémisses. Cette « pétition » est signée Jean Michel Costes, C. Ben Lakhdar (économiste, cnrs Lille) aidés par S. Karsenty (cnrs, Nantes) Mon Dieu CNRS, que n’écrit-on pas en ton nom.
    Jean Michel Costes
    Démographe (donc spécialiste des drogues !) JM Costes n’est pas totalement inconnu. Ancien responsable de l’Observatoire Français des drogues et toxicomanies (OFDT) il a été licencié en 2011. Il se permettait d’émettre des tribunes en faveur des salles de shoot contre l’avis de son directeur Etienne Apaire, responsable de la MILDT (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie) devenue en 2014 la MILDECA (Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues Et les Conduites Addictives). Mais la République n’est pas toujours rancunière avec ceux qui violent les règles éthiques et déontologiques… quand ils possèdent peut être par ailleurs des appuis politiques. JM Costes a été nommé responsable des études à l’Observatoire des jeux (ODJ) dont le Président était jusqu’à une date récente… Charles Coppolani, l’actuel président de l’ARJEL. Le monde est petit mais les ambitions sont grandes. JM Costes mène depuis quelques mois à l’ARJEL un sondage sur l’addiction aux jeux en ligne.
    L’Académie Nationale de Médecine et l’Académie Nationale de la Pharmacie contre la dépénalisation du cannabis

    Ces partisans obsessionnels de la dépénalisation du « H » et des opiacés soutiennent contre toute attente, dans une logique qui défie la raison, que c’est en favorisant la commercialisation du cannabis qu’on en diminuera sa consommation, tout en éradiquant la délinquance et autres règlements de compte liés au commerce de la came… pas seulement à Marseille.
    Remarquons au passage que ces spécialistes ne proposent pas les mêmes solutions selon les produits. Pour les drogues (douce et dures) il faut dépénaliser, libéraliser et même distribuer gratuitement – au frais du contribuable (9) – subutex (10), méthadone (11), devenus l’objet d’un important et scandaleux trafic. Pour les autres addictions (alcool, tabac et jeux d’argent désormais) il faut limiter, interdire, fiscaliser, restreindre toujours plus. Ces « scientifiques », citoyens adultes responsables, qui veulent faciliter l’achat du cannabis chez les jeunes, ne disent pas un mot des recommandations des autorités médicales et notamment celles de l’Académie Nationale de Médecine (12) fortement opposée à cette dépénalisation du shit, comme l’est également l’Académie Nationale de la Pharmacie (13). Ces organismes observent « que dans les pays ayant légalisé l’usage du cannabis, le constat est le suivant
     banalisation du produit et augmentation du nombre de nouveaux usagers (aux États-Unis, la comparaison inter-états indique que la prévalence d’usage est plus importante dans les états ayant légalisé que dans les autres) ;
     augmentation du nombre de personnes dépendantes ;
     accès plus facile à des variétés nouvelles et plus concentrées en principe actif (THC) ;
     augmentation du risque de passage à d’autres drogues dures ;
     explosion de l’auto culture
     augmentation du nombre d’hospitalisations pour intoxications aiguës et chroniques ;
     augmentation du nombre de cas d’ingestion accidentelle de cannabis par des enfants ;
     augmentation du nombre d’accidents de la route liés au cannabis. « (14)
    Cette France là, nous n’en voulons pas.

    Mais ne soyons pas dupe, ces apprentis sorciers qui veulent au forceps faciliter la propagation du chichon, ne sont pas de doux rêveurs. Ils savent tout cela. S’ils jouent aux pompiers pyromanes c’est dans une stratégie à double impact. Ils défendent des intérêts professionnels, personnels, idéologiques et financiers et se moquent bien en réalité de santé publique, contrairement à ce qu’ils affirment. Nous reviendrons dans de prochaines contributions sur toutes ces questions qui concernent en réalité la Politique : Politique Des Jeux, Politique de lutte contre les drogues. Si, par la volonté du Peuple, la débâcle socialiste se confirme lors des prochaines échéances électorales, il faudra revoir sérieusement ces politiques, comme le souhaite certainement une grande majorité de Français.
    Certes en tant que sociologue spécialisé sur les jeux de hasard et d’argent (JHA) certains pourront considérer que les drogues, le H, le pétard et autre shit, « cela ne nous regarde pas ». Mais nous sommes aussi citoyen.
    Cette France ou « un adolescent sur deux fume du cannabis (cela signifie que 15% d’entre-eux vont devenir accro » (15) d’après le chercheur Pier Vincenzo Piazza) (16)
    Cette France ou l’on a inauguré officiellement le 11 octobre 2016, la première de shoot dans le quartier de la gare du Nord à Paris (17)
    Cette France là, nous n’en voulons pas.
    Nous avons d’autres ambitions, d’autres desseins pour notre « douce France »

    Jean-Pierre MARTIGNONI.

    Trois ajouts en forme de post scriptum :
    1/ L’addiction (notamment au cannabis) on peut « en sortir » comme l’explique Marc Valleur (avec qui nous avons fondé l’Observatoire des jeux il y a bien longtemps !!) dans un chat publié récemment dans Psychologies.com (18).
    2/ La consommation de drogue et de cannabis chez les jeunes n’est pas une fatalité comme l’indique les résultats de l’enquête internationale ESPAD 2015 ( 19 ) Si l’usage du cannabis concernerait ( le conditionnel est de rigueur car on peut en épistémologue s’interroger sur la qualité scientifique d’une étude quanti sur la drogue à partir d’un questionnaire auto administré en direction de jeunes populations sur un sujet sensible, transgressif et certainement encore tabou) 44% des lycéens consommeraient du cannabis en 2015, contre 49% en 2011. Mais ce taux tombe à 17% à 16 ans. Curieux. Le cannabis comme rite de passage éphémère et non comme addiction, on peut s’interroger
    3/ Sur la politique de la méthadone et du subutex, la dépénalisation des drogues et du cannabis lire le texte de Christian Bucher, (psychiatre, avec qui nous avons fondé l’observatoire des jeux il y a bien longtemps !!) « Politique de la méthadone ? (20) où il dit notamment :
    a/ : s’agissant du social, faire l’impasse sur le détournement de méthadone, voire le trafic, à partir de prescriptions médicales en les tenant pour négligeables dans le cadre de la politique dite « de réduction des risques » nous semble déjà… risqué… pour les patients en premier lieu.
    b/ citant Alexandre Adler (21): « une dépénalisation serait « vécue par des âmes faibles comme un encouragement à aller sans cesse plus loin ».

    © jean-pierre martignoni-hutin, lyon, France, octobre 2016

    Notes
    1. « Terra Nova propose de légaliser le cannabis de la même façon que les jeux d’argent en ligne »Bérénice Rebufa. konbini.com (4/IO/2016)
    2. « Contrôler le marché légalisé du cannabis en France : L’EXEMPLE FONDATEUR DE L’ARJEL (Terra Nova, 4 octobre 2016, 24 pages)
    3. ARJEL, rapport d’activité 2015-2016, 53 pages (22 septembre 2016)
    4. « Terra Nova la fondation progressiste » lit-on sur son site internet
    5. Eric Favereau « Cannabis : l’ébauche d’un plant : Un rapport publié ce mardi par le think tank Terra Nova propose la création d’une autorité de régulation, comme cela s’est fait avec les jeux en ligne, et préconise une dépénalisation. »(Libération 4 octobre 2016)
    6. La légalisation du cannabis, « un nouveau débouché à l’agriculture française »? (L’express, 4/IO/2016)
    7. Cannabis et jeux en ligne : le parallèle audacieux de Terra Nova (Le Point, 4/IO/2016)
    8. « Le PS veut faire du cannabis un enjeu de 2017 » (Anne Rovan, 12/4/2016, La Figaro)
    9. La lutte contre la toxicomanie coute chaque année 1,5 milliards d’euros (chiffre cité par le chercheur de l’Inserm Pier Vincenzo Piazza dans le Point du 7 avril 2016 page 83)
    10. extrait de sciences et avenir : « quels sont les effets du subutex » (27/2/2015): « Le subutex comme la méthadone sont devenus l’objet d’un important trafic sans pour autant réduire le commerce « traditionnel » de l’héroïne : « Le Subutex, d’abord autorisé sur prescription médicale comme substitut à l’héroïne pour accompagner le sevrage des toxicomanes, pose de plus en plus un problème tant sur le plan de la santé publique que par rapport au trafic dont il est devenu l’objet. C’est ainsi qu’à l’île Maurice à la fin du mois de janvier 2015, une française a été condamnée à 20 ans d’emprisonnement pour possession de 1613 cachets de Subutex. « Le comprimé de Subutex s’achète entre 2 et 3 euros sur ordonnance en pharmacie. Il se revend environ 5 euros dans les rues de Paris et jusqu’à 100 en Géorgie », explique le lieutenant-colonel André Brothier, de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants.
    11. Sur la méthadone lire l’article de Christian Bucher : « Politique de la méthadone « (La revue lacanienne 2010/1 (n°6) et celui d’Alexandre Adler : « la drogue et la politique « (Le Figaro du 9 février 2008
    12. Légalisation du cannabis l’académie de médecine a déjà dit non « (5/IO/2016, feminactu.com)
    13. « L’Académie nationale de pharmacie s’oppose à la dépénalisation du cannabis » (9 mais 2016, topsante.com)
    14. « DÉPÉNALISATION DU CANNABIS : L’ACADÉMIE DIT NON, PREUVES À L’APPUI ! (communiqué de l’académie nationale de pharmacie 25 avril 2016)
    15. « le chercheur qui défie les lois de l’addiction « (le Point du 7 avril 2016
    16. Le professeur Piazza dirige le neurocentre Magendie de l’INSERM à Bordeaux Il a réalisé une thèse en I988 dans les laboratoires du professeur Michel Le Moal
    17. « salle de consommation à moindre risque : lancement de l’expérimentation à Paris « (flash info MILDECA du 11/IO/2016
    18. « Comment sortir d’une addiction ? « (Psychologies.com du 7/10/2016)
    19. Les drogues durant les années lycées, publication des premiers résultats de l’enquête ESPAD 2015 « (Flash info MILDCA du 20/9/2016
    20. Bucher Christian, « Politique de la méthadone ? », La revue lacanienne 1/2010 (n° 6)
    21. Alexandre Adler : « la drogue et la politique « (Le Figaro du 9 février 2008

    22. Salle de consommation à moindre risque : lancement de l’expérimentation à Paris
    ——
    Ben Lakhdar, Jean-Michel Costes, le 04(*)

    • Sociologue – Chargé d’étude
    • Chercheur associé au Centre Max Weber ( CMW équipe TIPO, Université Lyon 2)
    • Autorité de Régulation des Jeux en Ligne
 (ARJEL) (2011-2015)

    .

  3. martignoni dit :

    Paris, Macao, la Tour Eiffel…et Anne Hidalgo
    Alors que Paris a rejeté le projet d’un casino parisien, Macao inaugure un gigantesque resort – The Parisian – qui exploite les symboles de notre capitale
    ***
    Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN Jr
    (Sociologue, Chercheur associé au Centre Max Weber, Université Lumière (Lyon II)

    ——–

    Alors que les pouvoirs publics et Anne Hidalgo ont rejeté il y a quelques mois avec légèreté et sans débats, l’implantation d’un établissement de jeux à Paris, Macao inaugure un casino qui – dans une belle ironie – exploite les symboles de notre capitale et l’image de la France. La filiale chinoise du groupe américain Las Vegas Sands a ouvert dernièrement à Macao The Parisian, un gigantesque casino resort : 400 tables de jeu, 2500 machines à sous, 3.000 chambres, un parc aquatique, un théâtre de 1.200 places, 5200m2 d’espaces de congrès, une salle de bal qui peut accueillir 2600 invités, 7 restaurants gastronomiques qui offrent des cuisines française, chinoises, cantonaises ; un spa, un centre de fitness, un club pour enfants, une piscine, un centre commercial de 30 000 m2…

    Shelton Adelson et Robert Goldstein optimistes pour Macao

    Un projet gigantesque réalisé en 5 ans pour un coût de 2,9 milliards de dollars, selon Shelton Adelson le CEO* du Las Vegas Sands : « Même si c’est un immense casino, The Parisian est aussi un grand centre commercial et festif. Il exploitera d’autres marchés que le jeu, en accord avec le gouvernement de Macao qui veut changer la réputation de la zone. Le gouvernement de Macao souhaite que le jeu ne représente pas plus de 9% de l’activité totale de l’hôtel. Nous sommes le premier opérateur à avoir mis un focus sur les autres marchés» a précisé le directeur général du groupe.( cité par Business Traveler France du 15/9) Malgré une baisse des revenus liés au ralentissement de l’économie chinoise et à sa politique de lutte contre la corruption, Shelton Adelson et Robert Goldstein ( son COO**) sont optimistes quant au futur de « l’industrie des loisirs » dans la « Région administrative spéciale de Macao de la République populaire de Chine » (RASM), nom officiel de Macao depuis décembre 1999.
    Macao…Leonardo… Di Caprio… De Niro…..et le président chinois Xi Jinping !!
    En 2013 les casinos de Macao ont engrangé 45 milliards de dollars, 7 fois plus qu’à Las Vegas. Mais ensuite le produit des jeux a baissé à cause du ralentissement de la croissance chinoise et de la campagne anti-corruption du président Xi Jinping, Macao étant pour l’instant la seule région chinoise où le jeu est légal. Pour se relancer ce « territoire » ( composé de la péninsule de Macao , 9,3km2 ; des iles de Taipa, 6,8km2 ; Coloane, 7,6km2et de l’isthme de Cotai (5,8km2) a investi dans de nouvelles infrastructures (pont, transport notamment) et a favorisé les investissements dans les casinos qui visent désormais davantage les classes moyennes. Outre le Parisian, plusieurs réalisations grandioses ont émergé ces derniers mois. En août 2016 le « Wynn Palace » avec son lac géant, ses fontaines musicales, ses télécabines… En octobre 2015 avec « Studio City » – équipé de la plus grande roue d’Asie et d’un simulateur de vol inspiré de Batman – complexe inauguré par Leonardo Di Caprio, Martin Scorsese et Robert De Niro. D’autres projets sont prévus , Galaxy Entertainment (1) annonce un parc à thème unique en son genre à « Macau », nom portugais de « Macao ».
    Paris débarque à Macao
    La presse française et mondiale ne s’y est pas trompée et a salué largement l’événement. Extraits : « Macao s’offre la Tour Eiffel avec un nouveau casino géant « précise Philippe Bertrand dans Les Echos (13/9) ; « « The Parisian » offre à Macao la Tour Eiffel qui lui manquait » confirme Le Parisien (13/9) ; « Casino à Macao : trois milliards de dollars pour un vrai petit Paris » ajoute Charles Gautier dans Le Figaro (13/9) « C’est Paris dans Macao (Paris in Macau) » affirme Today online ( 13/IO) ; « Paris débarque à Macao ! » ose même Louise Berthoux dans The Good live ( 22 /9) De nombreux autres sites spécialisées dans les voyages ont également couvert l’événement, par exemple Business Traveler France : « Ouverture du casino Parisian à Macao »(15/9) Si l’événement a été autant relayé par les médias, c’est parce que cette réalisation est d’envergure mais également emblématique par la symbolique et l’image des deux villes concernées : Macao l’ancien comptoir portugais surnommée « l’enfer du jeu » ; Paris, « la plus belle ville du monde ».(15/9)
    The Parisian exploite « l’ambiance parisienne » –
    Avec sa réplique de la Tour Eiffel (moitié moins grande que l’originale mais très impressionnante de jour comme de nuit) un décorum rappelant le château de Versailles, une tenture du couronnement de Napoléon, des magasins inspirés de Paris, des artistes de rue… The Parisian exploite « l’ambiance parisienne » – avec notamment une reconstitution de la place Vendôme – et plus largement, surfe sur les symboliques contemporaines et historiques de Paris et de l’Histoire de France. Certains trouveront cela kitch, de mauvais goût, non conforme à l’original, mais après tout pourquoi pas. Las Vegas l’a déjà fait avant avec succès ( voir encadré ci-dessous). Les casinos à thème attirent que cela plaise ou non.
    Le Paris Las Vegas ..à Las Vegas
    Le « Paris Las Vegas » est un hôtel casino situé au centre du Strip de Las Vegas en face du Bellagio. L’hôtel mesure 112 mètres. Il a coûté 760 millions de dollars et 4 200 employés y travaillent. L’architecture et la décoration intérieure sont inspirées de Paris et de ses célèbres monuments. La réplique de la Tour Eiffel située devant l’hôtel mesure 165 mètres. Sa terrasse panoramique abrite un restaurant, le Eiffel Tower Restaurant. À l’origine, cette réplique devait être aussi haute que l’originale, mais la proximité de l’aéroport a rendu le projet impossible. Le décor comporte aussi des reproductions de l’Arc de triomphe, la Fontaines des Mers de la place de la Concorde, l’aérostat des frères Montgolfier (enseigne lumineuse).Le bâtiment principal fait référence à l’opéra Garnier et au Louvre. L’hôtel comporte 3000 chambres et des dizaines de suites avec des noms qui font rêver…les américains : The Napoléon Suite, The Louis XV Suite, Paris Marseille Suite, Paris St.Tropez, Paris Nice Suite, Paris Red Room , Paris Luxury Suites.…Le casino dispose de 90 tables de jeux, de 1 700 machines à sous sur une surface de 7 896 m2 . L’hôtel comprend également plus de dix restaurants qui portent des « noms très français » : Mon Ami Gabi, Lenôtre, Le Provençal, Le Village Buffet du Parc, Le Café Île St. Louis, JJ’s Boulangerie, La Crêperie…Le casino dispose par ailleurs d’une boîte de nuit (le Risqué de Paris), d’une chapelle de mariage (Paris Chapel), d’un Spa, d’un centre commercial (Le Boulevard at Paris) de deux jacuzzi. L’hôtel bénéficie aussi d’une piscine au bord de la Tour Eiffel avec un décor qui reprend l’idée « des jardins à la française ».

    Rien de va plus : La « frondeuse » de l’hôtel de ville Paris n’aime pas les casinos, mais inaugure une salle de shoot
    Ce dynamisme, cette audace, cet optimisme de Macao, raisonnent d’autant plus fort que Paris s’est refusé il y a quelques mois, le bénéfice d’exploiter ses multiples atouts, en implantant un casino dans la capitale. On se souvient qu’Anne Idalgo, qui se répand souvent dans les colonnes du Monde ou des Echos (2) parce qu’elle n’a pas assez « d’argent(3) pour sa ville, avait rejeté ce projet non sans un certain mépris. Suite au rapport du Préfet Duport, favorable au projet, elle avait pourtant une belle occasion d’installer un casino international à Lutetia Parisiorum. En tant que Maire de la première ville de France, sa voix aurait compté. Mais la « frondeuse de l’hôtel de ville » (4), épinglée par le Canard Enchainé sur sa gestion (5), a répondu avec légèreté que « ce n’était pas sa tasse de thé »(6). Etonnant, choquant même mais surtout pas très responsable de la part d’une responsable politique nationale dirigeant la destinée d’une ville internationale, qui, en outre, vient d’être élue présidente du réseau des villes mondiales(7).
    Pour « boucler son budget » (8) – elle cherchait 400 millions afin d’ équilibrer les comptes de la ville – la Maire de Paris a eu d’autres idées – très socialistes – :
    • augmentation des droits de mutation sur les ventes immobilières
    • imposition des résidences secondaires
    • introduction d’une taxe de séjour sur les plateformes de réservation hôtelière style Airbnb
    • augmentation du nombre de PV pour les automobilistes qui vont être ravis… car Madame Hidalgo avait déjà augmenté les tarifs de stationnement, supprimer la gratuité des parkings le samedi et en août.
    Certes, on ne s’attendait pas à ce que la première femme maire de Paris devienne le « Kirk Kerkorian de la capitale » (9). Mais la successeuse de Bertrand Delanoë aurait pu abandonner un instant sa position idéologique sur les jeux d’argent, et notamment sur les casinos, pour étudier le dossier, Paris étant – comme l’a précisé Jean-Pierre Duport – « la seule capitale européenne à ne pas avoir de casino, avec Rome »(10) « C’est le sens de l’histoire » avait ajouté Ari Sebag, l’un des dirigeants du groupe Partouche qui a toujours eu une vision sur le métier. Cependant la « profession » – qui aurait dû davantage se mobiliser pour défendre ce projet – était, comme souvent, divisée.
    Anne Hidalgo/Carolyn Goodman ( maire de Las-Vegas)
    Un casino à Paris, l’affaire aurait fait grand bruit dans le reste du monde. Un tel établissement aurait attiré les Parisiens assurant un fond de clientèle récurrent. (Au passage, les habitants de Paris en ont peut-être un peu marre de faire des bornes pour flamber sur les tapis verts et sont peut être un peu las d’être pris pour des joueurs irresponsables, susceptibles de ne pas savoir gérer leurs dépenses ludiques. L’interdiction ancienne – le fameux rayon de 100 kms sans casino autour de Paris – apparaît vieillotte et peut évoluer.
    Mais un casino made in Paris serait certainement devenu un casino international prestigieux, peut être l’un des premiers au Monde, vu l’attractivité de la capitale et la présence de nombreux touristes et visiteurs ( chinois, asiatiques, américains, russes …… ) qui généralement ne viennent pas les poches vides quand ils fréquentent Paris pour le tourisme et les affaires. Les millions de touristes chinois qui visitent notre pays (2,2 en 2015) représentaient une cible particulièrement attractive pour un futur casino parisien. Ils dépensent actuellement en moyenne 3500 euros mais ils étaient limités par des contraintes réglementaires et sécuritaires. Une innovation majeure va leur permettre désormais de dépenser beaucoup plus en toute sécurité et sans transporter de liquide. Aliplay, filiale Alibaba, lance une application Smartphone leur permettant de dépenser jusqu’à 30 000 euros quand ils voyagent à l’étranger ( 11).
    Un rapprochement avec Las Vegas et le casino parisien était aussi dans l’ordre des choses. Un partenariat aurait certainement pu être engagé avec Carolyn Goodman (maire de Las-Vegas) et les grands groupes casinotiers américains (Caesar Entertainment, MGM, Las Vegas Sands…) pour exploiter la symbolique des deux villes. Un « package ludico-festif et historico-culturel Las Vegas/Paris » étant susceptible de séduire de nombreux américains qui adorent la France et Paris et sont souvent de grands flambeurs.
    Une telle exploitation aurait certainement rapporté de précieuses devises à la mairie de Paris et à l’Etat, sans forcément déshabiller d’Enghien (700 salariés). Certes le syndicat FO des casinos & cercles était contre ainsi que Philippe Sueur (le maire de la ville) et la profession était divisée. Mais une concertation positive aurait pu mettre tout le monde d’accord. Sans même parler des emplois directs, un tel projet aurait également boosté le commerce (luxe, hôtellerie, restauration…) et l’économie des spectacles parisiens. Il s’inscrivait en outre dans « la modernité des villes mondes comme Paris », belle formule utilisée par Anne Hidalgo dans le cadre son projet concernant le « statut de Paris » (12) Au final, un tel manque d’ambition apparaît consternant. « C’est aberrant » a précisé Ari Sebag.

    Jacques Myard , Régis Juanico et la Politique Des Jeux de la France

    Ce pied de nez fait par Macao à Paris avec l’ouverture du Parisian, souligne lourdement la sclérose et la frilosité de la France et de certains de ces dirigeants, qui ont érigé en dogme le « principe de précaution », dans ce domaine de l’industrie des jeux comme dans de nombreux autres secteurs économiques.
    Néanmoins, nous resterons optimiste car rien n’est joué. Les prochaines échéances électorales risquent de confirmer la déroute de la gauche, du PS et du « Président Normal pas ni normal que ça ». Si la droite revient aux affaires, elle pourra réétudier sérieusement le dossier.
    Par ailleurs on sait que deux députés (Régis Juanico et Jacques Myard) travaillent depuis plusieurs mois sur les jeux d’argent dans le cadre du Comité d’Évaluation et de Contrôle des politiques publiques (CEC) de l’Assemblée nationale. Cette commission sera épaulée par un rapport de la Cour des Comptes, qui dressera un état du secteur. Jacques Myard a déjà travaillé sur la question. Il connaît bien le dossier des jeux et a questionné dernièrement avec force Christian Eckert (le très austère secrétaire d’Etat chargé du Budget et des Comptes publics) sur les paris hippiques et la Politique Des Jeux, ou plutot, comme il l’a dit sur les bancs de l’Assemblée Nationale le 7 octobre 2016, sur « l’abscense de Politique Des Jeux du gouvernement ». Nous ne savons pas si le député-maire de Maisons-Laffitte est favorable au projet de casino parisien mais nous savons c’est un pragmatique en matière d’emploi, de développement…et de fiscalité. Installer un casino à Paris ce serait une bonne manière d’augmenter l’impo ludique, « un impot démocratique et volontaire » aux multiples vertus ( confer notre article : « L’impot ludique un impot démocratique » (13)

    Un patrimoine casinotier français qui pourrait être davantage valorisé

    Souhaitons pour conclure que l’Etat profite de ces travaux de la commission Myard/Juanico et du rapport de la Cour des comptes pour lancer des Etats Généraux du gambling casinotier afin que la Politique Des Jeux de la France ne soit plus prise en otage par certains hauts fonctionnaires, certaines associations familiales rigoristes, certains addictologues opportunistes…
    Souhaitons également que le gouvernement et Bercy revoient leur copie en matière de politique de « Recherches » sur les casinos et les jeux d’argent en général. Que le responsable des études de l’observatoire des jeux – Jean Michel Costes – soit l’ancien directeur de l’observatoire des drogues et des toxicomanies, laisse pantois et en dit long sur ce que pense les socialistes des jeux de hasard et d’argent. Quelle belle image pour l’économie des jeux d’argent (loteries, paris hippiques, casinos, jeux en ligne) d’être associé à la drogue et encore dernièrement au cannabis grâce à Terra Nova et à nouveau Jean-Michel Costes(14).
    La doxa du jeu pathologie maladie a progressivement envahi tout le champ ludique concerné. La politique de santé publique et de lutte contre l’addiction ( grassement financée, jamais évaluée) dicte la « Politique Des Jeux de la France » ( confer notre article : « Une sociologie du gambling contemporain » publié dans la Revue Pouvoirs : revue française d’études constitutionnelles et politiques (15)
    Cette soi-disant politique de jeu responsable n’a pas empêché la Française des jeux de surperformer …depuis que cette lutte contre le jeu excessif a été lancée. « La patron on est mal, y’a un problème !! » La nouvelle donne politique, qui sortira prochainement des urnes doit balayer cette mascarade et cette usine à gaz.
    Souhaitons finalement que la profession casinotière, ses figures emblématiques et ses syndicats professionnels, « balaient devant la porte de leurs 200 casinos « et s’interrogent sur la valorisation de son activité et de ses métiers. Si les casinos ne sont pas en « odeur de sainteté » ( et cela ne date pas d’hier !) cela provient certes des politiques et de leur hypocrisie (16 )mais aussi de la profession, pour partie responsable de cette situation. Des études, recherches, publications, actions médiatiques communes… pourraient être réalisées par le biais d’une Fondation et d’un think tank. Tous les secteurs économiques le font, pourquoi pas les casinos ? Même si les groupes sont en concurrence, ils ont un produit commun. En d’autres termes, comme l’indiquera notre prochaine contribution « la France le pays des casinos possède un patrimoine casinotier exceptionnel… qui pourrait davantage être valorisé ». (17)

    Jean-pierre.martignoni@univ-lyon2.fr

    Notes :

    1. « Galaxy Entertainment annonce un futur parc à thème unique en son genre à Macau » (jeuxcasino.com du 10/3)
    2. Finances locales « Paris : comment Hidalgo veut boucler son budget : la maire de Paris cherche 400 millions d’euros pour équilibrer ses comptes, elle propose une hausse des droits de mutation…et plus de PV « Les Echos du 14 octobre 2015)
    3. « Paris est aujourd’hui dans l’ère de la sobriété ; la maire estime n’avoir plus de marges de manœuvre financières « ( Les Echos 29 juin 2015
    4. « La frondeuse de l’hôtel de ville : Anne Hidalgo présente ses veux à la presse, elle n’hésite pas à tenir la dragée haute à F. Hollande et à M. Valls » » ( Le Parisien aujourd’hui en France 26 janvier 2016, page 9)
    5. « Anne Hidalgo : la grosse dette : elle a de grandes ambitions pour Paris mais aussi pour elle même, qui font dire à la Cour des Comptes, comme à ses détracteurs qu’elle dépasse ses moyens » (Le canard enchainé n° 4989, 8 juin 2016)
    6. « Paris: Anne Hidalgo pas enchantée par un retour des casinos dans la capitale » ( 20 minutes.fr , 26/5/2015)
    7. Anne Hidalgo élue à la tête du réseau de villes mondiales le C40 » ( Le Monde 8/8/2016)
    8. « Paris comment Hidalgo veut boucler son budget » (Les Echos du 14/IO/2015)
    9. Figure historique et emblématique de Las Vegas et du gambling casinotier international, Kirk Kerkorian a disparu en 2015. Le « roi de Las Vegas » possédait la moitié des chambres du « strip » et les hôtels casinos les plus prestigieux de la cité du péché : Caesar Palace Bellagio, Mirage, Mandala Bay, Luxor, Circus Circus… .« Ce bâtisseur aux multiples passions « ( voiture, cinéma) a commencé sa carrière à sin city dès 1962, il est mort à 98 ans avec une fortune estimée à 4,2 milliards de dollars » ( sources : l’article de Lucie ROBEQUAIN dans les Echos qui a consacré un portait à « cet amoureux du risque » Kirk Kerkorian (Les Echos – bureau de New-York – 17 juin 2015)
    10. L’Etat renonce à ouvrir rapidement des casinos à Paris (Denis Cosnard , Le Monde économie 11/6/2015)« Rien ne va plus pour l’ouverture de casinos à Paris »(LE MONDE ECONOMIE | 22.05.2015 Simon Piel et Denis Cosnard)
    11. « Avec Aliplay, les touristes chinois pourront dépenser sans compter » (Adeline Daboval, Le Parisien économie, 20/IO/2016)
    12. « Anne Hidalgo s’attaque au statut de Paris « ( Le Monde 23 septembre 2015, page 7)
    13. : «L’impot ludique un impot démocratique : Les jeux de hasard & d’argent : un impôt démocratique dont l’Etat Croupier ne devrait pas avoir honte » » (19 pages, 60 notes, juin 2016, publié sur lescasinos.org du 20 juin, Casinos Legal France du 29/6/2016)
    14. JP Martignoni : « ARJEL, JEU & CANNABIS : l’imposture intellectuelle de Terra Nova » (octobre 2016, 7 pages, 21 notes) publié sur lescasinos.org du 12/10/2016)
    15. Confer notre article : Jean-Pierre MARTIGNONI-HUTIN, « Une sociologie du gambling contemporain », (Pouvoirs, revue française d’études constitutionnelles et politiques, n°139, 2011, p.51-64. )
    16. Hypocrisie résumée dans la célèbre phrase d’ Alain Bocquet (qui fut président du groupe communiste, maire de Saint-Amand-les-Eaux, bastion historique d’Isidore Partouche ) : «Je suis contre les casinos. Sauf à Saint-Amand.» Ce à quoi I. Partouche a répondu du tac au tac : « qu’il n’aimait pas les communistes sauf dans les villes ou il avait des casinos » Confer également l’hommage rendu récemment à Isidore Partouche à Saint Amand ou désormais une place porte son nom. (« Isidore Partouche s’est fait une place à Forges » L’éclaireur la dépêche du 6/4/2016
    17. JP Martignoni : « La France : le pays des casinos : LA FRANCE POSSEDE UN PATRIMOINE CASINOTIER EXCEPTIONNEL…. QUI POURRAIT ETRE DAVANTAGE VALORISE » (a paraître, novembre 2016, 5 pages)

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    • * : directe * chief executive officer (CEO) : directeur général
    • ** : Chief Operating Officer (COO) directeur d’exploitation

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